Varroa

Varroa se nourrit des corps gras des abeilles et leurs transfèrent de nombreux virus, il affaiblit fortement les colonies jusqu’à causer leur perte.

Historique et cycle de vie

La coévolution naturelle entre l’hôte et le parasite depuis des millénaires en Asie fait que les espèces du genre Varroa ne causent que peu de dommages aux colonies d’abeilles qui le contiennent. Cependant, sans que l’on sache précisément comment, dans la première moitié du 20ème siècle, des colonies d’abeilles mellifères (Apis mellifera) se sont retrouvées infestées par l’espèce Varroa destructor.  Aujourd'hui, il est présent sur tous les continents car l'abeille mellifère n'est pas (encore) en mesure de lutter contre cet acarien.

Le cycle de vie de Varroa est étroitement lié à celui de l’abeille. Il est divisé en deux phases distinctes : une phase de dispersion et une phase de reproduction. Le comportement de résistance étudié et sélectionné a lieu lors de la phase de reproduction.

La phase de dispersion permet la maturation du sperme chez les jeunes fondatrices ainsi que la propagation d’une colonie à l’autre. Durant cette phase, la fondatrice se nourrit et se cache sous les sternites de l’abeille mâle et femelle pour tenter d’échapper au comportement d’épouillage de son hôte. La femelle adulte est ainsi transportée jusqu’à une autre cellule de couvain ou à une autre colonie.

La phase de reproduction se déroule dans les cellules de couvain d’ouvrière et de faux-bourdon. La croissance dans la colonie d’abeilles est exponentielle durant la saison apicole. 

Varroa se nourrit non pas de l’hémolymphe des abeilles mais bien des corps gras comme le prouve leur système digestif et leurs pièces buccales, adaptées à un régime semi-solide. Leurs déjections, riches en protéines et faibles en eau, renforcent cette dernière hypothèse.

Le parasite a une préférence marquée pour le couvain de faux-bourdons, qui est évalué actuellement à 5 fois plus attractif que celui d’ouvrières. Ceci dit, le modèle développé par le scientifique et apiculteur Randy Oliver permet d’estimer que seul ~ 8% des parasites produits durant une saison se sont développés dans une cellule de faux-bourdons. 

Impact sur les colonies d’abeilles

Les mortalités hivernales chez les abeilles domestiques sont préoccupantes depuis des années en Europe occidentale et en Amérique du Nord. Elles mettent à mal la survie de l’espèce et entraînent des pertes financières directs pour les apiculteurs wallons. Rien qu’en Wallonie, les pertes sont colossales, plusieurs millions d’euros par an.

Des traitements contre ce parasite à partir de composés naturels comme des acides ou à partir de produit de synthèses ont été mis au point et existent depuis l’arrivée de varroa dans nos contrées. Les colonies non traitées s'effondrent en deux à trois ans en raison de la croissance exponentielle de Varroa et des conséquences qui y sont liées comme la propagation de virus et la ponction des corps gras. 

Cependant, l'acarien Varroa semble de plus en plus difficile à contrôler. Tout d’abord, il a été observé que Varroa devient résistant à certaines molécules actives de produits de traitements. Ces produits de traitements perdent alors de leur efficacité. La rémanence de certaines molécules de traitement dans les cires augmente les risques d’apparition de résistance. 

De plus, lors de la transmission des virus par varroa, ceux-ci peuvent se répliquer dans Varroa sans que cela ne l’affecte. Ces nouvelles souches sont de plus en plus dangereuses pour les abeilles. C’est notamment le cas avec le virus aux ailes déformées (ou DWV pour Deformed Wing Virus).

En outre, certains traitements, appliqué de façon répétée peuvent occasionner des dégâts à l'abeille elle-même, ce qui contribue à la mauvaise santé des colonies. 

Enfin, même en cas de réussite des traitements d’été, la survie de la colonie n’est pas toujours assurée. La prolifération de Varroa en fin de saison dans les colonies voisines non traitées augmente les réinfestations et peut être responsable de la mortalité hivernale de la colonie. Dans les zones densément peuplées en colonies d’abeilles, il s’agit d’un réel problème.

La sensibilité intrinsèque des abeilles est donc une des causes de ces mortalités, car elles sont actuellement incapables de limiter la prolifération des Varroas.

Programme de recherche, d’élevage et de sélection

Cependant, l'acarien Varroa semble de plus en plus difficile à contrôler ; de plus en plus de traitements sont nécessaires chaque année, car ils deviennent moins efficaces à mesure que les acariens développent une résistance. De plus, les virus deviennent de plus en plus dangereux pour les abeilles grâce à l’intervention du nouvel hôte que représente Varroa. En effet, il a été découvert récemment que le parasite est aussi capable de s’y répliquer dans le cas du virus aux ailes déformées (ou DWV pour Deformed Wing Virus) ; et de nouvelles souches se développent avec des effets dévastateurs sur les colonies.

En outre, les traitements peuvent occasionner des dégâts à l'abeille elle-même, ce qui contribue à la mauvaise santé des colonies. De plus, certaines molécules présentes dans les traitements peuvent se retrouver dans la cire. 

Enfin, même en cas de réussite des traitements d’été, la survie de la colonie n´est pas toujours assurée en raison de la prolifération des Varroas en fin de saison, après le traitement d’été, et des réinfestations particulièrement importantes dans des zones densément peuplées en abeilles.

La sensibilité intrinsèque des abeilles est donc une des causes de ces mortalités, car elles sont actuellement incapables de limiter la prolifération des Varroas